Jamais trop tôt pour agir - le Livre blanc des Juniors Associations

En 2021, pour les 120 ans de la loi de 1901, des jeunes engagé·e·s en JA de toute la France se sont mobilisé·e·s autour d’un projet commun : Délibér’action. Projet de plaidoyer organisé par le Réseau National des Juniors Associations, Délibér'action a permis la récolte de la parole de jeunes engagé·e·s, via la réalisation d’une consultation en ligne et de rencontres locales.

L’ensemble des réflexions portées par les jeunes est aujourd’hui compilé au sein d’un Livre blanc, qui a fait l’objet d’une restitution nationale en septembre 2021, à Paris.

Ce Livre blanc est un état des lieux non exhaustif du droit d’association des mineur·e·s en France. Il invite à la réflexion quant à la place donnée aux jeunes dans la société et à l’importance qu’on accorde à leurs projets et leurs initiatives. En outre, il recense des propositions pour contrer les freins liés à l’engagement des jeunes mineur·e·s.

Le document est organisé en 5 parties, chacune abordant les problématiques auxquelles les jeunes sont confronté·e·s dans leur parcours d'engagement.

  1. Reconnaissance et valorisation de l’engagement collectif des mineur·e·s

Les jeunes engagé·e·s, pleinement acteur·rice·s de leur territoire et vecteur·rice·s de dynamiques humaines et sociétales, revendiquent leur capacité d’agir et prétendent à la reconnaissance de leur pratique d’engagement. Ainsi, les Juniors Associations invitent les adultes à se questionner sur leurs propres stéréotypes et leurs représentations des jeunesses, pour ensuite changer de posture et reconnaître aux mineur·e·s leur capacité de s’engager de façon collective et autonome.

  1. Le soutien des collectivités territoriales

Il est demandé aux collectivités territoriales de faire preuve d’adaptabilité avec le public mineur, jusqu’alors trop souvent écarté. Les jeunes évoquent ici le besoin d’être reconsidéré.e.s par l’ensemble des acteur·rice·s des collectivités territoriales comme de potentiel·le·s partenaires, des citoyen·enne·s, sans les identifier ou les réduire constamment à leur âge. Cela peut s’organiser en partageant, par exemple, les actions des jeunes sur les espaces de communication municipaux, en valorisant ces initiatives dans le journal de la ville ou en les invitant aux carrefours des associations, mais aussi en les soutenant financièrement. Les collectivités et, plus largement les institutions, permettraient aux jeunes de se sentir reconnu·e·s, insuffleraient un élan supplémentaire à leurs initiatives, tout en mettant en avant la pluralité des actions menées sur leur territoire.

  1. Vers un milieu scolaire favorable à l’engagement collectif des mineur·e·s

Il s’agirait de développer une culture de l’engagement au sein du milieu scolaire, ce qui en ferait un environnement favorable au développement d’une conscience citoyenne. Ce serait, par exemple, systématiser le soutien logistique et matériel à ceux·celles qui portent des projets. En effet, les jeunes ne bénéficient pas toujours d’un lieu où se réunir pour concevoir ces projets, ou peinent à accéder aux moyens matériels pour les mettre en place (postes informatiques, imprimantes, etc.). En cela, mettre à leur disposition des salles de réunion et des outils constituerait un premier pas important dans la reconnaissance et le soutien des projets de jeunes à l’école.

  1. Outils et moyens d’agir

Le RNJA demande, en son nom propre, la conduite d’un état des lieux le plus large et le plus minutieux possible du droit associatif des mineur·e·s en France et des circonstances réelles d’application de ce droit. En effet, selon les résultats récoltés et les situations constatées, compléter la loi par d’éventuels décrets garantiraient leur mise en œuvre et fourniraient aux jeunes les ressources qu’ils revendiquent légitimement par le biais de campagnes d’informations sur ce droit fondamental.

En outre, les institutions bancaires, parties prenantes du fonctionnement du paysage associatif en général, participent à ses avancées : accorder sa confiance à des jeunes engagé·e·s désireux·euses de s’investir dans des actions, c’est choisir d’investir dans l’édification d’une vie associative saine et prospère.

  1. CONSCIENTISER LES INEGALITES DE GENRE

Il ne suffit pas de former les jeunes. Former les adultes de leur entourage, et ceux impliqué·e·s dans leurs projets, est urgent, dans la mesure où les accompagnant·e·s (et par extension, travailleur·euse·s jeunesse, enseignant·e·s, etc.) étant quotidiennement au contact de jeunes, ils ne peuvent ignorer les enjeux que cela implique.

Par ailleurs, Juniors Associations peuvent être invitées lors de la mise en place de débats politiques auxquelles sont aussi conviées des associations militantes spécialisées sur la question. Enfin, il serait pertinent de lancer des appels à projets sur les questions des inégalités de genre, appels à projets qui seraient également accessibles aux Juniors Associations afin qu’elles puissent défendre leurs valeurs et participer à l’avancée de ces causes, dans l’intérêt général, en étant reconnues.

---- 

La Ligue de l’enseignement Nouvelle-Aquitaine a contribué à la réalisation de ce livre blanc en organisant un rassemblement régional de Juniors Associations le samedi 29 mai 2021 à l’espace jeunes de Marmande (47).

(Restitution de la journée disponible ici)

Ce sont 43 jeunes néo-aquitains qui ont ainsi parlé de leur engagement et formulé des propositions pour le visibiliser et le faire (re)connaître.

Dans la continuité de ce travail de valorisation autour de la démarche Junior Association, la Ligue de l’Enseignement Nouvelle-Aquitaine s’est engagée à diffuser et présenter le Livre blanc aux décideur·euse·s techniques et politiques locaux, pour que la voix des jeunes soit entendue et que la discussion mène à l'action.

Pour consulter le Livre blanc, c’est ici.

Download the English version of the white paper “It’s never too early to take action” here